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Imprimante laser ou jet d'encre : choisir pour le bureau

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Imprimante laser ou jet d'encre : choisir pour le bureau

Imprimante laser ou jet d’encre pour un bureau professionnel ? Le laser s’impose dès que le volume grimpe et que le texte domine : cadence régulière, toner qui ne sèche pas, coût par page contenu. Le jet d’encre, surtout à réservoirs, garde l’avantage sur la couleur, la photo et les volumes modestes mais réguliers.

Laser et jet d’encre : deux procédés aux réflexes opposés

Les deux familles impriment la même feuille A4, mais pas de la même façon. Le procédé explique presque tous les écarts de coût, de vitesse et d’entretien.

Le laser fixe une poudre par la chaleur

Dans une imprimante laser, la page se dessine sous forme de charges électriques sur un tambour photosensible. Le toner, une poudre très fine, s’accroche aux zones chargées, se dépose sur la feuille, puis traverse l’unité de fusion, qui le fond dans le papier par la chaleur et la pression. La page sort sèche, prête à être agrafée.

Le toner ne sèche pas : une machine laissée au repos pendant les congés repart sans purge ni nettoyage. Le revers ? L’unité de fusion chauffe avant la première page, d’où un court délai au réveil et une pointe de consommation électrique pendant l’impression.

Le jet d’encre projette des gouttes liquides

Le jet d’encre n’a aucune unité de fusion à chauffer. Une tête d’impression balaie la feuille et y dépose des gouttes microscopiques, éjectées par une bulle de vapeur (procédé thermique) ou par la déformation d’un cristal piézoélectrique. L’encre pénètre le papier au lieu de rester en surface.

Résultat : un appareil sobre au démarrage, capable de nuances fines, mais sensible au temps mort. Une encre qui stagne dans les buses sèche, et la machine lance des cycles de nettoyage qui consomment de l’encre sans produire de page : un coût caché pour les bureaux qui impriment par à-coups.

Imprimante laser ou jet d’encre : le volume mensuel décide d’abord

Avant de comparer des fiches techniques, mesurez ce que votre équipe imprime. Le compteur de pages, visible dans le menu ou sur une page de configuration, se relève à un mois d’intervalle ; à défaut, reconstituez le volume à partir des consommables commandés sur l’année.

Distinguez ensuite la moyenne des pointes. Une clôture comptable ou une réponse à un appel d’offres concentre parfois en quelques jours une large part des impressions du mois, et une machine dimensionnée pour la moyenne cale précisément ces jours-là.

Méfiez-vous du « cycle d’utilisation mensuel » mis en avant par les constructeurs : il indique la charge maximale encaissée ponctuellement, pas le volume conseillé au quotidien. Le volume mensuel recommandé, plus discret, sert de vraie référence pour choisir une imprimante : visez un modèle qui le dépasse avec une marge confortable.

Trois profils ressortent presque toujours de ce relevé :

  • Un flux régulier de textes, factures et contrats : le terrain naturel du laser monochrome, rapide et économe à la page.
  • Une production couleur fréquente, supports commerciaux, plans ou visuels : jet d’encre à réservoirs ou laser couleur, selon la part de photo.
  • Quelques documents par semaine, avec de longues périodes creuses : le toner, insensible au temps mort, évite les purges d’encre.

Mains retirant une feuille blanche du bac de sortie d’une imprimante de bureau

Texte, graphiques ou photos : la nature des pages compte autant

Le volume dit combien, le contenu dit comment. Un cabinet qui imprime des contrats et un service marketing qui imprime des maquettes n’ont pas le même cahier des charges.

Pour le texte, le laser monochrome produit des caractères nets, même en petit corps, sur du papier ordinaire. Le jet d’encre s’en approche avec une encre noire pigmentée, plus résistante à l’eau et au surligneur que les encres à colorants, mais un papier d’entrée de gamme fait parfois baver les traits.

La photo renverse la hiérarchie : le jet d’encre gère les dégradés et les papiers photo brillants avec une finesse hors de portée du toner. Une imprimante laser couleur reste à l’aise sur les graphiques et les aplats, mais ses dégradés paraissent plus plats, et elle exige des supports qui tolèrent la chaleur de la fusion.

Couché, cartonné, étiquettes, enveloppes : vérifiez les grammages et les supports acceptés par chaque bac, pas seulement par la machine. Pour organiser ce poste sans multiplier les références, appuyez-vous sur une gestion structurée des fournitures de bureau.

Calculer le coût par page sans se fier au prix d’achat

Le prix d’achat se paie une fois. Le coût par page, lui, revient à chaque feuille pendant toute la vie de l’appareil, si bien qu’un modèle bon marché à l’achat finit parfois nettement plus cher au bout de quelques années.

La méthode tient en cinq étapes :

  1. Relevez le prix de chaque consommable sur le canal d’achat que vous utiliserez réellement.
  2. Divisez ce prix par le rendement annoncé : vous obtenez le coût d’une page pour ce consommable.
  3. Pour une page couleur, additionnez le coût par page du noir, du cyan, du magenta et du jaune.
  4. Ajoutez les pièces d’usure rapportées à leur durée de vie : tambour, unité de fusion ou kit de maintenance côté laser, boîtier de récupération d’encre côté jet d’encre.
  5. Multipliez par votre volume mensuel, puis par la durée de détention prévue, et ajoutez le prix d’achat : vous tenez le coût total de possession.

Le rendement affiché n’a de sens que mesuré selon une norme commune, avec des pages de test et un protocole identiques. L’ISO et la Commission électrotechnique internationale en publient trois : ISO/IEC 19752 pour les toners monochromes, ISO/IEC 19798 pour les toners couleur, ISO/IEC 24711 pour les cartouches à jet d’encre. Un rendement « selon un protocole interne » ne se compare à rien.

Ces rendements sortent toutefois d’impressions en continu sur des pages types. Des documents chargés en aplats ou des impressions espacées qui déclenchent des nettoyages font baisser le rendement réel. Vérifiez aussi si les consommables livrés avec la machine sont des versions de démarrage, moins remplies.

Cartouches d’impression aux coques unies alignées dans un tiroir de bureau

Les modèles à réservoirs changent l’équation du jet d’encre

Les cartouches disparaissent sur les modèles à réservoirs, alimentés à partir de flacons d’encre. L’achat initial dépasse celui d’un jet d’encre à cartouches, mais le coût par page baisse nettement, couleur comprise, et les flacons évitent l’accumulation de coques vides.

Ces appareils conviennent aux bureaux qui impriment régulièrement de la couleur. Ils ne règlent pas tout : l’encre sèche toujours dans la tête après une longue inactivité, et la cadence reste en général inférieure à celle d’un laser de même gamme sur les longs textes.

Multifonction, réseau et sécurité : ce que la fiche technique doit cocher

Au bureau, une imprimante sert rarement à imprimer seulement. Une imprimante multifonction regroupe impression, numérisation et copie dans un même châssis, et voit passer une bonne part des documents de l’équipe.

Les fonctions qui font gagner du temps

Quelques fonctions séparent un appareil toléré d’un appareil apprécié :

  • L’impression recto verso automatique, qui réduit nettement la consommation de papier sur les documents longs.
  • Un chargeur automatique qui numérise les deux faces d’une liasse en un seul passage.
  • La numérisation vers une adresse électronique ou un dossier partagé, avec reconnaissance de caractères pour des PDF consultables.
  • Un bac papier dimensionné pour votre volume, voire un second bac pour les enveloppes.

La numérisation crée un besoin de stockage et de sauvegarde : prévoyez un emplacement réseau et une seconde copie, avec la même logique que pour trancher entre disque dur externe et SSD.

Connectivité et sécurité du parc

Privilégiez le port Ethernet, plus stable que le Wi-Fi, pour une imprimante professionnelle partagée par plusieurs personnes, et gardez le Wi-Fi Direct pour les impressions ponctuelles d’un visiteur. Vérifiez aussi les pilotes pour chaque système du bureau, comme vous le feriez pour les ports d’une machine dans un guide d’achat d’ordinateur portable.

Une imprimante connectée reste un équipement du réseau. L’ANSSI, dans son guide d’hygiène informatique de 2017 et ses 42 mesures, demande de modifier les éléments d’authentification par défaut dès l’installation et d’appliquer un niveau de sécurité minimal à tout le parc, imprimantes comprises. Concrètement : mot de passe d’administration changé, micrologiciel à jour, services inutilisés désactivés.

Pour la paie ou les dossiers du personnel, activez l’impression sécurisée : la page attend que son auteur la libère au panneau par code ou badge. La CNIL, dans sa fiche sur la maintenance et la fin de vie des matériels mise à jour en mars 2024, demande aussi de supprimer de façon sécurisée les données avant une mise au rebut, une réparation chez un tiers ou la fin d’une location, une règle qui s’applique aussi au multifonction doté d’un stockage interne.

Ramette de papier blanc ouverte sur un meuble bas près d’une fenêtre

Consommables, recyclage et place dans le bureau

Cartouches, toners, papier, puis la machine elle-même : chaque flux suit sa propre filière.

Toners et cartouches : la filière à suivre

Selon le guide Que faire de mes objets et déchets de l’ADEME, une cartouche vide se dépose dans un point de collecte (revendeurs, certains magasins, mairies, bureaux de poste, déchèteries), se renvoie au fabricant, souvent par colis prépayé, ou se confie à une entreprise spécialisée. Le bac de tri des papiers et emballages, en revanche, est exclu.

La cartouche récupérée peut être réutilisée, reconditionnée, recyclée pour ses plastiques et ses métaux, ou valorisée en énergie en dernier recours. L’ADEME, dans sa fiche mise à jour en août 2026, conseille les produits porteurs d’un logo environnemental, qui garantit notamment des cartouches reconditionnées comportant au plus 35 % d’éléments neufs.

La machine usagée devient un déchet d’équipement électrique et électronique. D’après le ministère de la Transition écologique, la filière des DEEE professionnels fonctionne depuis le 22 juillet 2005 : les producteurs prennent en charge les équipements mis sur le marché après le 13 août 2005, le détenteur d’un appareil plus ancien en restant responsable, sauf remplacement par un équipement neuf. Le papier usagé, lui, entre dans le tri à la source dit « 5 flux », imposé aux professionnels par un décret publié en 2016.

Encombrement, chaleur et bruit

Mesurez l’emplacement bacs ouverts et chargeur relevé, en gardant un accès aux trappes latérales pour les bourrages. Un laser couleur, avec ses quatre toners et son unité de fusion, occupe en général plus de volume et pèse plus lourd qu’un jet d’encre : prévoyez un meuble stable.

La chaleur de la fusion et le bruit des longues séries plaident pour un emplacement aéré, à quelques pas des postes : ce petit trajet incite à bouger régulièrement au cours de la journée. Pour situer la machine dans le matériel à prévoir, partez de la liste des équipements de bureau.

Le critère qui départage en dernier

Au terme de la comparaison, une imprimante de bureau se juge sur son coût complet et sur les fonctions que l’équipe utilisera vraiment, jamais sur sa vitesse maximale ou son prix d’appel. Si deux modèles restent à égalité, retenez celui dont les consommables se trouvent facilement et dont le rendement est publié selon la norme ISO correspondante.

Prochaine étape : relevez le compteur de votre machine actuelle aujourd’hui puis dans un mois, listez les documents imprimés, et calculez le coût par page des deux ou trois modèles retenus avec leurs consommables haute capacité.